La Bukinê d'Anna

La Bukinê d'Anna
Commandez ici !

Moi aussi j'ai deux maisons

Moi aussi j'ai deux maisons
Commandez ici !

Les Croque mitaines du peuple

Les Croque mitaines du peuple
Commandez mon dernier roman ici !

lundi 8 juillet 2019

Pinocchio



Serrés les uns contre les autres, ils étouffaient ; les épaules écartelées par des cintres de fer, sclérosés, ils se taisaient. Une obscurité totale régnait dans la penderie de la maison du maître. Sans faux pli ni faux col, ils attendaient au mieux le Secours Populaire au pire la déchetterie !

Enfin, un jour ils entrevirent un filet de lumière. L’oiseau messager fit coulisser la porte et les invita à sortir tous ensemble dans la rue. Les gilets se décadenassèrent, les cœurs palpitèrent ! Chacun retrouva sa couleur primaire sous le soleil automnal. Il prit la liberté de se teinter de mots, de dessins dénonçant ses conditions de vie dans ce placard. Phénomène incroyable, chaque dressing s’écroula ; les gilets sortaient et dansaient sur le pavé. Plus ils espéraient, plus ils se coloraient. 

La maison-mère ne supporta pas ce chaos, cette pigmentation audacieuse qui pouvait devenir un mélanome pour ses fondations. Sans hésiter elle les atomisa à coup de gaz toxiques. Des traces rouges s’incrustèrent sur les poitrines sans manches. Quelques-uns s’effilochèrent. Certains rebroussèrent chemin jusqu'à leurs placards afin de moisir, avant la benne. D'autres cicatrisèrent et affrontèrent le feu de l’été. 

Le gilet cramoisi résista ou s’oublia. Puis prit l’allure de têtes pensives munies de bras, jambes toniques et libres s’acheminant inlassablement vers une maison sans toit ni fenêtre ni placard.

Dans les vestiges d’un coin de penderie, Pinocchio est assis. Jiminy, le petit grillon vêt la marionnette d’un gilet jaune. Pinocchio prend vie…La fée bleue les regarde.


Marie-Noëlle Fargier



lundi 1 juillet 2019

Les mots propres






Les mots propres

Ils sont fiers les mots propres issus d’une bouche aux dents parfaites, aux lèvres légèrement pincées. Ils raisonnent ! Tant la tête qui les transporte est haute. Ils s’alignent les uns après les autres dans un rythme volontaire, une cadence réfléchie, sage et posée. Ils leur arrivent même d’inviter quelques confrères cernés de parenthèses. Là, le ton se ralentit, agrémenté d’un sourire complice pour mieux être entendu et surprendre. Ils s’ingénient avec jouissance à faire intervenir les guillemets qui encadrent les mots savants, ceux élégamment rangés dans les majestueuses bibliothèques aux parfums de cuir et aux filaments d’or. Les mots propres n’autorisent aucune intervention, aucune interruption. Ils sont le savoir. Quelle indélicatesse d’oser les couper lors d’une tirade ! Ils ont tant de choses à dire et à transmettre ! Ils sont la « générosité ». Les guillemets se referment d’un air vaniteux, un sourcil en circonflexe d’afféterie.

A bon entendeur…

Justement les entendeurs ne les comprennent pas toujours (même le plus souvent). Il faut dire que les mots figurés sortent de lèvres généreuses aux têtes basses et n’ont pas la dent longue. Ces mots aseptisés leur sont étrangers. Leurs amies, les parenthèses tintinnabulent de jeux de mots, les rires fusent. Les guillemets ont parfois leur place par les souvenirs de classe aux odeurs de cahier, ou par la bibliothèque municipale aux murs bétonnés. Les mots figurés s’entrechoquent, se bousculent et laissent toujours de la place aux autres tant ils ne sont pas corsetés. Ils s’assortissent de gestes audacieux, fraternels. Ils sont vivants. Les mots figurés traduisent le meilleur et le pire.

Salut !

-         « L’éducation n’est, en somme, que l’art de révéler à l’être humain le sens intime qui doit gouverner ses actes, préparer l’emploi de ses énergies et lui communiquer le goût et la force de vivre pleinement. » Henry Bordeaux
-        -  Oh putain, c’est vrai ça ! (le mot sale m’a échappé 😊 ).

mardi 18 juin 2019

Critique de "Je ne sais ni lire ni écrire" émission littéraire "Des Mots Niaques"








La glycine des Sokokis

J’arrive par ce chemin étroit emprunté par quelques riverains
Un portail lavande me confie ses sourires botaniques et mondains

Celui de Syrie, cerné de petits cailloux, rempart conglomérat
Emprisonnant la pluie, nourricière de la haute Vicia Faba

Celui du Maroc, tapis doux et verdoyant
Air mentholé, breuvage savant

Celui du Mali, jardin pigmenté
Piquant de couleurs vives et de saveurs corsées

Celui de France, sol bigarré, paillé, désordonné
Ou discipliné de tuteurs où les herbes folles s’émiettent.

Je continue mon tour du monde ouvert à tous les gentilés
Une vigne, un prunier sauvage gardent une maisonnette

La porte d’entrée est close de pétales blancs, fins, odorants
Je les bouscule un peu, fâchés ils s’éparpillent sur ma chevelure osée.
Je comprends que ce lieu ne m’est pas destiné
Il est réservé aux enfants du jardin.

Sur le seuil un mot apparaît « Bonheur ».


samedi 15 juin 2019





Il est humble, discret et bienveillant. Il se nomme Paulak Akakpo.

Son monde est prétentieux d’œuvres démesurées qui éclatent de couleurs ardentes, lumineuses, intenses, bouleversantes. Le couteau transperce les pigments, éruption de reliefs. Je voyage au centre de la terre, au cœur de l’humanité. Impressionnée, je m’approche prudemment de chaque tableau. Je découvre alors un coucher de soleil pourpre, une mer azurée, un ciel orageux, une terre embrasée. Je rencontre Empédocle.

D’œuvre en œuvre, je contemple, me rassasie de ces instants fugaces qu’offre la lumière sur notre terre, offerts par petites touches de la main de l’artiste sur un tableau sacrifié par l’effondrement de la planète.


 Serait-ce une vision sur le devenir de la terre ou celle de son origine ?

mardi 14 mai 2019



« Je veux du soleil » Volonté divine ? 

Non le réel, le vécu et le présent de ces hommes, de ces femmes, leurs enfants autour d’un rond-point illuminé de jaune par leurs mains qui se reconnaissent, s’étreignent et se soutiennent, par leurs rires et sourires dérisoires, boucliers de leurs peines, par leurs regards qui, enfin, osent espérer. SOLEIL. Cette volonté de tendre vers lui, parce qu’il est leur seul salut ? Rêve et poésie, seules issues inévitables pour Être. Parce que leur existence est assourdissante, bouleversante, poignante de leurs maux.

 Et puis parmi ce foutoir de vies délabrées, usées, trône un portrait démesuré. Visage buriné, creusé, ridé, regard désenchanté, soumis à la fatalité de sa vie misérable, sourire doux et bienveillant pourtant…Tel un roi, un vrai. Roi de cœur, il s’appelle « Marcel ». Le corps maltraité d’une vie de labeur. Stigmates du système.

Le film continue comme traversé par des spots publicitaires : le faux roi apparaît. Acteur au visage lisse et parfait, regard emprunté, sourire déguisé, Don Salluste est sur scène.

La mer, une plage, un chant, celui d’une sirène blessée par la main inhumaine. Sa voix traverse les nuages d’un ciel assombri. Son chant envoûte les hommes, les femmes, les enfants des plus démunis, aux derniers préservés. Ils s’assemblent. Le puzzle éclaté par la main des puissants se reconstitue. La mélodie chaleureuse, humaine les transporte vers ce qu’il y a de meilleur : vivre unis.  Ils se rejoignent et se fortifient.  Ensemble ils dessinent un soleil. Le vœu se réalise.

 Le cœur de l’astre pourrait être la terre et ses défenseurs, chaque rayon un être de cette planète.

Le soleil c’est toi, c’est moi, c’est nous.

jeudi 21 mars 2019

Extrait de "Je ne sais ni lire ni écrire"

Un petit extrait de "Je ne sais ni lire ni écrire" en vente à


"La Terrasse d'Isa" 1 place du Breuil au Puy, 


"Le Dolaizon 2.0" 16 avenue Charles Massot à Vals 


" Auchan" à Brives Charensac. 


Vous pouvez également le commander par mail mnoellefargier@gmail.com avec en plus une dédicace