La Bukinê d'Anna

La Bukinê d'Anna
Commandez ici !

Moi aussi j'ai deux maisons

Moi aussi j'ai deux maisons
Commandez ici !

Les Croque mitaines du peuple

Les Croque mitaines du peuple
Commandez mon dernier roman ici !

lundi 2 octobre 2017

M-Noëlle Fargier a lu "la balade du cantonnier" de Michel Flandin - article paru dans la revue "l'Etat des Lieux" du Haut Allier et de la Haute Vallée de la Loire


M-Noëlle Fargier a lu le roman « La balade du cantonnier » de Michel Flandin, auteur et poète Altiligérien !

article paru dans la revue "L'Etat des Lieux" N°43 


Je viens de finir "La balade du cantonnier". Titre poétique et bien choisi par ces deux mots qui évoquent déjà un quotidien, la simplicité et pourtant...

Je rencontre François Primier, sa vie n'a rien d'extraordinaire mais, déjà, la passion est là par l'amour de son métier : François est cantonnier.

« Je vais donc sur les chemins de l’été, emportant mon entrain sur un vélo ancestral, et accrochée à l’arrière une carriole bringuebalante chargée de plants de fleurs à disposer en différents points de la commune ».

François est un rêveur. La nature, les animaux, les gens qui partagent sa vie sont un univers à part entière : le sien.

« Malivernas était un petit hameau. Il avait poussé un peu plus loin que le bourg de la commune. Il avait la même particularité que son grand frère, il était construit lui aussi sur un plateau…Il faut dire que Malivernas était un fils de moyenne montagne…Malivernas était alors orphelin de son chef-lieu… »

Et puis, que cache cette malle fermée à clé dans son grenier ? Ma curiosité est attisée. Sous cet aspect ordinaire, le personnage de Michel Flandin laisse présager une aventure extraordinaire, bien que rien ne prédestine François à un changement de vie, hormis la grande sensibilité qui l’habite. Un événement va l’aider à s’éloigner de sa route toute tracée : une rencontre avec des gitans et leur roulotte…

« L’eau de ma rivière va au fleuve puis à la mer : cette année, je vais la suivre. Il paraît que le bleu de la mer ressemble à celui des myosotis ».

François avec sagesse prépare son départ à bicyclette jusqu’au Ste Marie de la Mer !
Le voyage est plein de parfums, envahi de couleurs et de rencontres qui délivre chacune un message.

« Ces vacances sont pour moi une somme de découvertes, de lieux, de gens, de situations. Tout est nouveau, rien n’est pareil. J’apporte aussi un peu de moi-même, de ce qui fait ce que je suis. Ne dit-on pas dans le désert qu’il n’y a que deux choses qui comptent en conditions climatiques extrêmes ce que l’on est et ce que l’on a pour y faire face… »

Le présent va chercher son passé…

Ce qui m’a le plus étonnée dans ce livre est le fait qu’on oublie complètement l’auteur. C’est François qui raconte, qui décrit et qui traverse ses aventures. L’écriture de Michel Flandin se confond avec force à la personnalité de François Primier, cet homme modeste, simple et en même temps si exceptionnel ! 

« La balade du cantonnier » est truffée de poésie, de gens « Monsieur tout le monde » qui deviennent des héros car ils offrent, chacun à leur façon, une réponse à des questions existentielles.

Et puis que contient cette malle de François Primier ? 

                                                                                                                                        

jeudi 28 septembre 2017

Joël Vernet lu par M-Noëlle Fargier, article paru sur la revue 'L'Etat des Lieux" Journal trimestriel du Haut Allier et de la Haute Vallée de la Loire

Joël Vernet,  un talentueux écrivain et poète de Saugues !
 de M-Noëlle Fargier







Après avoir lu « Au bord du monde » qui précède « La maison immobile » de « Les petites heures » où l’on retrouve nos villages, j’ai eu envie de vous écrire une note de lecture de ce manuscrit que j’ai trouvé magnifique.


« Au bord du monde » de Joël Vernet

Oui, Joël Vernet amène le lecteur « Au bord du monde » ! Les pieds nus sur la terre ferme et rude de la Margeride, vous vous apprêtez à vous lancer dans le vide avec une burle d’émotions, de ressentis à la rencontre des habitants de ce terroir. Des hommes, des femmes, des enfants modelés par cette terre.

Dès les premières pages, la poésie de l’auteur est telle qu’elle aiguise vos perceptions en partageant cette singulière nature avec une sincère générosité « Durant la nuit, il a neigé sur les sommets des montagnes toutes proches alors que le cerisier, dans le petit jardin, est nu, vêtu seulement de ses premiers bourgeons… » Déjà, on ne peut que percevoir les contrastes qui régissent cette région et laissent deviner ses influences sur les hommes. « L’Etre humain est dans son pays comme un coffre-fort où rien ne peut l’atteindre ».

L’auteur ne se contente pas de belles descriptions, « Au bord du monde » les fait vôtres. La nature est si présente, si forte qu’elle devient un Etre à part entière. Elle est source de création « C’est un pays où souffle, sans conteste, l’esprit divin. »  La Margeride s’incarne en un sanctuaire « Ici, on éprouve parfois le sentiment d’offrir à boire au monde entier. Pour un peu, j’ai cru naître au Tibet… ».

Au fil des pages, imprégné par le quotidien de ces hommes qui se battent pour survivre dans cet univers coriace, et bercé de lenteur, de silence, les personnages s’invitent, bouleversants de beauté « …nous ressemblions à ces tribus nomades du Caucase ou de Mongolie… ». Je pense particulièrement à l’évocation de la famille de l’auteur, au père, à la mère «...Mère s’enfonce le poignard du silence dans le cœur… », au grand-père « A lui seul, il est une forêt de ce paysage », à la grand-mère « Elle écrivait des phrases, à la plume, sur des bouts de papiers récupérés ici ou là et m’invitait à l’imiter. Nous les posions sur le rebord de la fenêtre basse d’où l’on apercevait le ciel... »

Comme il le stipule dans ce livre, Joël Vernet a beaucoup voyagé, et pourtant « Au bord du monde » concurrence d’exotisme toutes ces contrées. La Margeride serait-elle un « sentier initiatique » ? En tout cas, il me semble qu’elle est pour Joël Vernet le berceau de son art, et quel art ! Une écriture avec une encre ineffaçable car, comme la Margeride, elle laisse une trace d’un rare pouvoir. Celui qui incite une forte impression et un riche questionnement au point final.


dimanche 17 septembre 2017

Indomptables

A ma petite-fille,

T’écrire simplement
T’écrire évidemment
Sans rime obligatoire
Ce mot banni de notre territoire
Seulement des mots qui se côtoient
Intimement d’une même voix
Mais où chacune se laisse entendre
Nos mains qui se serrent
Mais pas trop
Pour donner à l’autre
Le désir de s’échapper, de courir
Et nos rires, nos éclats de colère
Qui explosent et s’unissent toujours
Et notre franc-parler à rougir
Les scandalisés
Et notre sensibilité si forte et délicate
De nos pleurs souvent cachés
Par le parfum de notre amour
Enfin, la reconnaissance infinie de ce que nous sommes
Ce que nous ressentons
Ce que nous vivons
Parce que nous nous ressemblons
Indomptables.


mardi 13 juin 2017



 Soir d’orage


Défoncer ces nuages noirs aux dessins étranges
D’une terre écrasée
Pour nous rappeler
Notre petitesse de prétendus anges
Eblouir ces éclairs blancs d’une fugace luminescence
D’un soleil oublié
Pour nous rappeler
Notre éphémère existence
Zébrer quelques instants d’une douceur ambrée
D’un ciel autoritaire assouvissant le spectre solaire
Pour nous rappeler
Nos clairières de chimères

Et puis saluer humblement
Les averses déferlantes, les gouttes fines et sages
Qui nourrissent les fleurs, les arbres
Pénètrent l’astre de marbre
Et désaltèrent nos vies coquillage

mardi 7 mars 2017

à mon père,

Quelquefois un objet suit une personne tout au long de sa vie, une montre à gousset, une broche fidèle à chaque tenue... Pour mon père, c’était un réveil. Un énorme réveil rond, jaune pâle. Les grandes aiguilles représentaient son long temps de travail et les petites, les maigres répits qu’il s’accordait. Ces journées de labeur s’étalaient de deux heures du matin à vingt heures le soir. A la fin du dîner qui s’achevait vers les 21 heures, de son air toujours rieur il nous annonçait : « Ah ce soir, je peux regarder la télé, demain je ne me lève qu’à 5 heures ! », il adorait les western. J’entends encore le bruitage lorsqu’il remontait son réveil avant de se coucher. Existe-t-il une onomatopée pour la transmettre à nos petits-enfants ? Je trouvais ce bruit long, interminable et pourtant responsable d’un lever toujours précoce.  Ensuite, il vérifiait son bon fonctionnement et un son strident envahissait le silence nocturne.  Comme il devait l’arrêter rapidement pour ne pas nous réveiller le matin ! Il était passionné par son travail, il nous disait en riant « le client est roi » et c’est vrai qu’il l’était. Ce travail qui lui laissait la moitié d’un dimanche en repos et enterrait le mot « vacances » ! Et puis, il avait un grand rêve, celui d’offrir une maison à chacune de ses filles. Nous étions trois. Il a réalisé son objectif. Mais à quel prix ! Il s’est oublié. Son corps usé n’a pas connu la douceur d’une longue retraite. Ces pierres aujourd’hui sont le témoin de l’amour qu’il avait pour chacune de nous. Il voulait simplement nous laisser un toit, nous mettre à l’abri. Mais il a fait bien plus que ça, il est et sera un exemple pour ma vie et celle de mon fils.
A toi Papa,

Par Toi au parfum du muguet
J’ai appris
Tic tac de mon printemps, mon cœur respire

Par Toi à l’Etoile filante
J’ai grandi
Tic tac de mon été, mon esprit s’étire

Par Toi à la Rose des Cercis
J’ai compris
Racine de mon automne, ma vie s’irise

Par Toi aux astres de soie
Je suis
Horizon de mon hiver, mon être exulte d’émoi
Mêlant muguet, cercis et astres de soie
Où mon Etoile filante, c’est Toi


Eblouissante d’Amour, de respect, de tolérance et de paix dans un pré bleu de violettes pour chacun de nous.